Du Plomb dans la loi, du poison dans l’assiette

La Confédération Syndicale des Familles (La CSF) exprime sa colère et sa profonde indignation après l’adoption de la proposition de loi dite « Duplomb », qui représente un recul sans précédent en matière de santé publique, de protection de l’environnement et de démocratie.

Cette loi, votée sans débat dans l’Hémicycle mais négociée en catimini par une poignée de parlementaires en Commission mixte paritaire, tourne délibérément le dos aux alertes de la communauté scientifique, aux attentes des citoyens, aux appels des agriculteurs eux-mêmes pour une transition juste, et aux conséquences du dérèglement climatique.

Une loi qui empoisonne les familles
Concrètement, cette loi réautorise l’usage dérogatoire d’un pesticide ultra-toxique, l’acétamipride (de la famille des néonicotinoïdes), connu pour ses effets destructeurs sur les insectes pollinisateurs… et suspecté d’effets graves sur la santé humaine, en particulier celle des enfants.

Cette loi supprime la séparation entre vente et conseil des produits phytosanitaires, ouvrant grand la porte aux conflits d’intérêts et à une dépendance accrue aux intrants chimiques.

Elle facilite également l’agrandissement des bâtiments d’élevage intensif, pourtant incompatibles avec les impératifs de bien-être animal, de résilience alimentaire et de sobriété climatique.

Enfin, dans ce texte, les mégabassines sont considérés comme d’« intérêt général majeur », accaparant une ressource vitale comme l’eau au profit de quelques-uns, au détriment de l’intérêt collectif.

Pendant ce temps, la situation sanitaire n’a jamais été aussi critique : l’explosion des cancers pédiatriques, des maladies chroniques et des troubles hormonaux liés à l’exposition aux polluants chimiques en est la preuve.

Ce sont les conséquences directes d’un système agro-industriel obsolète, qui tue à petit feu les familles, les sols et les écosystèmes.

Rien pour les agriculteurs, tout pour l’agrobusiness
Sous couvert de « répondre à la détresse du monde agricole », ce texte ne propose strictement rien pour améliorer les revenus des agriculteurs, transformer leurs conditions de travail devenues intenables ou les accompagner réellement vers une agriculture durable, respectueuse de leur santé comme de celle des consommateurs.

La seule chose que cette loi soutient, c’est un modèle agricole productiviste à bout de souffle, orienté vers l’exportation, dépendant des intrants chimiques, et incapable de répondre aux défis de demain.

Bravo donc (avec toute l’ironie du monde) aux députés et sénateurs de Renaissance, Horizons, Modem, Les Républicains, du Rassemblement National et du groupe Liot, qui ont choisi d’écrire l’histoire au profit des lobbys de l’agrochimie et contre l’intérêt général. Une pensée particulière pour le Premier ministre Gabriel Attal, dont la majorité a voté massivement pour ce texte de la honte.

La CSF appelle à la résistance
La CSF, qui défend les droits des consommateurs et des familles populaires, refuse que la santé, l’alimentation, l’eau et l’environnement deviennent des variables d’ajustement au profit de quelques industriels.

Nous continuerons à nous mobiliser, partout, pour :

– une agriculture respectueuse des paysans et du vivant,
– une alimentation saine, accessible à toutes les familles,
– une démocratie où les citoyens ne sont pas écartés des décisions qui les concernent.

Ce texte est un tournant. Il faut maintenant choisir notre camp. La CSF a choisi : celui des familles, de la santé publique, du climat et de la justice sociale.

Responsable secteur Consommation/Économie/Environnement
atirot@la-csf.org – Tel : 07 49 35 31 65

CONTACT PRESSE :
Antoine Tirot
Responsable – Secteur Consommation/Économie/Environnement
atirot@la-csf.org – 07 49 35 31 65